Décalage de la majoration des allocations familiales : Pour FO c'est non !
Le 06 janvier dernier, un projet de décret relatif à la majoration des allocations familiales a été soumis à l'avis de la CNAF.
La délégation FO s'est vivement opposée à ce texte qui prévoit de reporter de 14 ans à 18 ans l'âge à partir duquel cette majoration devient applicable pour chaque enfant éligible et sous réserve des conditions d'attribution de la famille (les ressources du foyer inférieurs au différents seuils).
Ainsi, à compter du 1er mars 2026, ce seuil sera relevé à 18 ans, mais uniquement pour les enfants nés à partir du 1er mars 2012. En d'autres termes, les enfants atteignant 14 ans avant cette date continueront à bénéficier de la majoration selon les règles actuelles. Ce dispositif différencié instaure une transition progressive :
- Enfants nés avant le 1er mars 2012 : maintien de la majoration à 14 ans.
- Enfants nés à partir du 1er mars 2012 : majoration à 18 ans uniquement.
Cette mesure s'attaque frontalement au pouvoir d'achat des familles les plus défavorisées. Ce décalage nie totalement l'évolution des coûts d'un adolescent :
- Selon l'échelle de l'OCDE, le coût d'un enfant bondit de 66% dès ses 14 ans (passage de 0,3 à 0,5 unité de consommation).
- A cet âge, l'entrée au lycée s'accompagne d'une hausse significative des dépenses : alimentation (un nadolescent consomme autant qu'un adulte), habillement, transports et équipements numériques indispensables, en particulier dans la filière professionnelle.
Prétendre que les besoins n'augmentent qu'à 18 ans est donc une aberration ! Avec ce décalage de la majoration à 18 ans, une famille ne percevra pas ce surplus durant quatre ans. Ainsi, pour les foyers les plus précaires, le décalage de cette majoration aurait un effet significatif et représenterait près de 900 euros d'allocations en moins chaque année.
Ce décalage est justifié par le gouvernement au travers du financement du nouveau congé de naissance. Or, cette justification n'est pas satisfaisante, d'autant que celui-ci aurait pu être largement financé si le gouvernement n'avait pas spolié depuis plusieurs années les excédents de la branche ! FO condamne ce texte qui s'attaque une nouvelle fois aux allocataires les plus fragiles !
(Source : Journal du secteur protection sociale - Confédération FO - N°19 - Janvier 2026)